← Retour au blog 14 septembre 2026 · 11 min

Guide de référence : Le contrat de location expliqué (page pilier)

Rédiger un bail conforme en 2026 : le guide du bailleur

Mis à jour : sept. 2026

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Avertissement : cet article est rédigé avec l'aide d'un agent IA spécialisé en droit immobilier, puis relu et validé par l'équipe juridique de Droit&Bail. Il fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé ; pour tout litige ou décision engageante, consultez un avocat ou un notaire spécialisé en droit immobilier.

Choisir le bon type de bail avant d'écrire une ligne

Un bail conforme commence par un choix : celui du régime qui correspond vraiment au logement et au projet. Rédiger un bail mobilité pour un salarié en CDI qui déménage sa famille, ou un bail vide avec 2 mois de dépôt alors que le logement est meublé, produit un contrat mal calibré que le juge requalifiera si le locataire s'en plaint. Le tableau suivant fixe le cadre.

Location videLocation meubléeBail mobilité
Durée3 ans (6 ans si bailleur personne morale)1 an (9 mois non renouvelable pour un étudiant)1 à 10 mois, à terme fixe
RenouvellementTacite reconduction aux mêmes conditionsTacite reconductionNon renouvelable
Dépôt de garantie1 mois de loyer hors charges2 mois de loyer hors charges2 mois de loyer hors charges
Préavis du locataire3 mois (1 mois en zone tendue)1 mois1 mois
Congé du bailleurÀ l'échéance, préavis 6 moisÀ l'échéance, préavis 3 moisAucun congé nécessaire (bail à terme fixe)

Le bail mobilité mérite une attention particulière : il suppose un logement meublé et un locataire en formation, études, contrat d'apprentissage, stage, engagement volontaire, mutation ou mission temporaire, qui en fait sa résidence principale. La liste est limitative et le bail ne peut pas être renouvelé. Signé hors de ce cadre, il est requalifié en bail meublé classique de 1 an avec toutes les protections qui vont avec.

Pour le détail des deux régimes principaux, voir notre comparatif bail meublé ou bail vide.

Les mentions obligatoires du contrat

Depuis la loi ALUR, tous les baux d'habitation suivent un modèle réglementaire (décret du 29 mai 2015). Le contrat reste valable si une mention manque, mais le locataire peut exiger l'ajout de ce qui manque (art. 3 de la loi du 6 juillet 1989). Et quand la mention absente porte sur le loyer, sa justification ou la description du logement, il peut demander une réduction du loyer jusqu'à régularisation. Les éléments à ne pas oublier :

  • Noms et adresses du bailleur et, si un agent agit pour lui, du mandataire avec l'étendue de son mandat. La date de naissance et l'adresse du bailleur figurent aussi au modèle : un locataire en a besoin pour assigner.
  • Identité des locataires et, le cas échéant, la domiciliation hors du logement qu'ils ont déclarée.
  • Désignation du logement : pièces, équipements privatifs, locaux communs dont le locataire a l'usage, caves et celliers éventuels.
  • Surface habitable (loi Boutin). Si l'écart dépasse 5 % de celle du bail, le locataire peut exiger une baisse de loyer au prorata.
  • Référence du dossier technique amiante des parties communes, dans un immeuble collectif.
  • Montant du loyer, ses modalités de paiement, la clause de révision (indexée sur l'IRL) si vous en voulez une, et en zone tendue lors d'une relocation, le dernier loyer payé par le précédent locataire.
  • Charges : liste des charges récupérables (décret du 26 août 1987) et mode de calcul, provision avec régularisation annuelle ou forfait.
  • Dépôt de garantie, si vous en demandez un.
  • Durée du bail, clause résolutoire avec délai de 2 mois après commandement, garanties choisies, obligation d'assurance du locataire et interdiction de sous-louer sans votre accord écrit.

Les annexes qui doivent accompagner le bail

Un bail sans ses annexes n'est pas complet, et les juges le traitent comme tel. La liste varie selon le logement, mais elle est finement encadrée : réclamer une pièce hors liste expose à une amende (5 000 €, 15 000 € pour une personne morale).

  • DPE (diagnostic de performance énergétique), valable 10 ans : sa classe conditionne désormais le droit de louer, les logements classés G étant interdits à la location depuis 2025, les F à partir de 2028.
  • Constat de risque d'exposition au plomb (CREP) pour un immeuble construit avant 1949.
  • État de l'installation intérieure de l'électricité et de gaz si l'installation a plus de 15 ans.
  • État des risques et pollutions (naturels, miniers, technologiques, sismiques) dans les zones concernées.
  • Notice d'information aux locataires : droits et obligations de chacun, démarches de signalisation, consommation énergétique du logement. Depuis 2023, une notice sur les économies d'énergie s'ajoute quand le bail prévoit une régularisation annuelle des charges.
  • Extrait du règlement de copropriété portant sur l'usage et l'occupation des parties privatives et communes.
  • En ville soumise à l'encadrement des loyers : les loyers de référence publiés par l'observatoire local et, s'il y en a un, la justification du complément de loyer.

La liste complète figure dans notre article sur les diagnostics obligatoires.

Zone tendue et encadrement : ce qui change dans le contrat

Toutes les grandes villes de France sont classées en zone tendue (décret n° 2013-392). Pour le bailleur, trois conséquences directes sur le contrat : le locataire bénéficie d'un préavis réduit à 1 mois ; lors d'une relocation ou d'un renouvellement, le nouveau loyer ne peut pas dépasser le loyer précédent revalorisé par l'IRL (art. 17-1-1 de la loi du 6 juillet 1989) ; et le bail doit alors mentionner ce dernier loyer. À cela s'ajoute une règle de la loi Climat : dans les zones tendues, aucun dépôt de garantie ne peut être exigé pour un logement classé F ou G au DPE.

Dans les communes soumises à l'encadrement permanent des loyers (Paris, Lyon-Villeurbanne, Lille, Bordeaux, Montpellier et d'autres territoires, liste à jour sur notre page des villes), le loyer de base ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré, soit +20 % au-dessus de la médiane. Un complément de loyer reste possible pour un atout rare (vue, terrasse, prestations), mais il doit être justifié dans le bail : le locataire a 3 mois pour le contester devant la commission départementale de conciliation, et il est interdit pour les logements F ou G et ceux présentant des défauts listés par décret depuis le 18 août 2022. Dans ces mêmes communes, la déclaration du loyer du précédent locataire sur le portail impots.gouv est obligatoire à chaque relocation.

Les clauses qui ne doivent pas figurer dans votre bail

Un bail conforme est aussi un bail débarrassé des clauses interdites, qui sont réputées non écrites même si le locataire les a signées. Les plus fréquentes : interdiction des animaux domestiques, solidarité illimitée en colocation (plafond légal de 6 mois après le préavis), frais de dossier en location vide (l'art. 5 de la loi du 6 juillet 1989 interdit de réclamer d'autres sommes que le loyer, le dépôt et les charges ; en meublé, des frais plafonnés restent possibles pour un bailleur professionnel), pénalités de paiement au-delà du cadre légal, renonciation du locataire à recourir à la commission de conciliation. La liste longue est dans notre article sur les clauses abusives.

Garanties : caution, assurance, Visale, sans cumul interdit

Le choix de la garantie se fait avant la rédaction, parce qu'il se matérialise dans le bail. La caution (simple ou solidaire) exige un acte écrit ; sous seing privé, elle comporte une mention manuscrite de la caution, avec le montant maximal en chiffres et en lettres. Le piège classique : cumuler une caution avec une assurance loyers impayés. Le cumul est interdit (art. 22-2 de la loi du 6 juillet 1989), sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. La garantie Visale, gratuite, se substitue à la caution pour les publics éligibles. Notre guide sur le choix du garant détaille les cas.

Signature : papier ou électronique

Les deux valent. Un bail papier se signe en autant d'exemplaires que de parties, chacun gardant le sien. Une signature électronique a la même valeur juridique qu'une signature manuscrite si elle garantit l'identité du signataire et l'intégrité du document (règlement eIDAS) : certificat qualifié, horodatage, piste d'audit. Pour un bail signé à distance, c'est l'option qui évite les délais postaux et les scans perdus. Le cadre complet est dans notre article sur la signature électronique du bail.

Après la signature : les réflexes qui sécurisent la location

  • Faire un état des lieux d'entrée contradictoire et le joindre au bail : sans lui, le logement est présumé reçu en bon état et le litige de sortie devient défavorable.
  • Remettre les diagnostics le jour de la remise des clés, pas « plus tard ».
  • Souscrire une assurance propriétaire non occupant en copropriété, obligatoire depuis 2015.
  • Déclarer le changement d'occupant auprès du service des eaux et pour la taxe d'ordures ménagères : la TEOM refacturée doit correspondre au bon occupant.
  • En ville encadrée, transmettre la déclaration du loyer du précédent locataire sur impots.gouv.

Les erreurs qui fragilisent un bail

  • Reprendre un vieux bail trouvé « dans une ancienne location » : mentions obsolètes, clauses abrogées, annexes manquantes.
  • Fixer la surface au doigt mou : la loi Boutin permet une baisse de loyer si l'écart dépasse 5 %.
  • Demander 2 mois de dépôt en location vide : le plafond est de 1 mois hors charges.
  • Oublier la mention du dernier loyer en zone tendue lors d'une relocation : le locataire peut exiger une remise à niveau.
  • Insérer une clause « maison » vue sur internet : elle est souvent interdite, et sa présence fait pâle figure devant le juge.
  • Louer un logement classé G au DPE : la location est interdite depuis 2025, quel que soit le contrat signé.

Rédiger un bail dans les grandes villes

Le cadre légal est national, mais le loyer, l'encadrement et les usages locaux changent la donne au moment de rédiger. Nous avons détaillé la situation, ville par ville, pour les dix marchés où nous sommes le plus sollicités :

Comment Droit&Bail peut vous aider

Le générateur Droit&Bail produit un bail conforme au modèle réglementaire, vide, meublé ou colocation, avec les clauses obligatoires et les mentions du dernier loyer en zone tendue. Il insère la clause de cautionnement avec les mentions correctes, applique les plafonds de dépôt de garantie selon le régime, et propose la signature électronique avec horodatage vérifiable. Vous récupérez un contrat prêt à signer, et des quittances conformes chaque mois.

Questions fréquentes

Peut-on rédiger un bail soi-même ?

Oui. Aucune intervention d'un professionnel n'est exigée, mais le contrat doit suivre le modèle réglementaire issu du décret du 29 mai 2015 et contenir toutes les mentions obligatoires de l'article 3 de la loi du 6 juillet 1989, accompagné des annexes. En pratique, un modèle vierge repris d'anciennes locations ou glané en ligne est la première cause de baux non conformes : mentions obsolètes, clauses interdites, annexes manquantes.

Que se passe-t-il si une mention obligatoire manque ?

Le bail reste valable et le locataire peut exiger l'ajout des mentions manquantes (art. 3 de la loi du 6 juillet 1989). Si la mention manquante concerne le loyer, sa justification ou le logement (par exemple la surface), le locataire peut réclamer une réduction du loyer jusqu'à la régularisation. Une clause interdite, elle, est réputée non écrite.

Quel bail choisir pour louer à un étudiant ?

Deux options : le bail meublé étudiant, d'un an non renouvelable au-delà de 9 mois, ou le bail mobilité de 1 à 10 mois, réservé aux étudiants, stagiaires et salariés en mission temporaire. Dans les deux cas le logement doit être meublé conformément à la liste du décret du 31 juillet 2015. Si le garant est une personne physique, son engagement s'arrête automatiquement à la fin du bail de 9 mois.

Faut-il faire enregistrer ou authentifier le bail ?

Non. Le droit français n'impose ni enregistrement ni acte notarié pour un bail d'habitation. En revanche, dans les communes soumises à l'encadrement des loyers, le bailleur doit déclarer le dernier loyer du précédent locataire sur le portail impots.gouv lors d'une relocation. Et dans certains immeubles collectifs, le dossier technique amiante doit être référencé dans le bail.

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